De nombreux scientifiques tirent la sonnette d’alarme: les polluants chimiques aggravent la pandémie d’obésité

Aujourd’hui, l’idée dominante est que l’obésité résulte d’un déséquilibre entre les apports et les dépenses énergétiques causé par une alimentation excessive et une insuffisance d’activité physique.

Un autre élément devrait pourtant aussi être pris en compte.

De nombreux chercheurs (1) ont mis en évidence que les polluants chimiques comme le bisphénol A, les phtalates, les pesticides, les PCB, les PFAS, ou encore, les polluants atmosphériques, peuvent affecter directement le nombre et la taille des cellules graisseuses, modifier la sensation de satiété, modifier la fonction thyroïdienne et le système de récompense de la dopamine. Ils peuvent également affecter le microbiome dans l’intestin et entraîner une prise de poids en rendant l’absorption intestinale des calories plus efficace.

La période la plus sensible à l’action des obésogènes est la période prénatale et la petite enfance, en partie via une programmation épigénétique qui peut être transmise aux générations futures.

La bonne nouvelle est qu’il existe des moyens pour réduire son exposition à ces polluants.

Plusieurs études ont en effet montré que la modification du régime alimentaire peut en une semaine environ entraîner une baisse significative de plusieurs obésogènes.

Voici quelques conseils de base :

  • Privilégier les aliments bruts (non transformés) et réduire la consommation d’aliments transformés. Une étude (2) a, par exemple, mis en évidence que certains groupes d’aliments ultra-transformés étaient associés à des concentrations urinaires plus élevées de bisphénol A (les boissons gazeuses et aux fruits), bisphénol F (les frites et autres produits à base de pomme de terre ; les desserts à base de lait) et de bisphénol S (les pizzas). Une autre étude (3) a, quant à elle, mis en évidence qu’à calories égales apportées, l’alimentation ultra-transformée amenait à un gain de poids plus important qu’un régime contenant des aliments non transformés.
  • Eviter la restauration rapide grasse à emporter, les emballages alimentaires jetables, les sachets pour pop-corn à mettre au micro-ondes.
  • Limiter la consommation des viandes grasses. Les polluants, comme les PCB, par exemple, s’accumulent dans les graisses.
  • Limiter la consommation de poissons gras, de mollusques et de crustacés.
  • Privilégier les petits poissons de mer non prédateurs.
  • Privilégier les produits alimentaires issus de l’agriculture biologique.
  • Ne pas réchauffer les aliments dans des contenants en plastique au micro-ondes.
  • Eviter les boîtes de conserve, les canettes, les bouteilles d’eau en plastique, les boîtes de conservation en plastique
  • Privilégier les gourdes en inox plutôt qu’en plastique
  • Privilégier l’achat d’aliments en vrac et éviter ceux qui sont emballés dans du plastique
  • Privilégier l’achat d’aliments dans des bocaux en verre plutôt que dans des boites de conserve.
  • Ne pas emballer ni recouvrir les aliments de film plastique
  • Éviter les poêles et ustensiles de cuisine anti-adhésifs. Opter pour l’acier inoxydable ou les poêles en fonte à la place.
  • Eviter les assiettes, gobelets et couverts en plastique.
  • Privilégier les biberons en verre et éviter ceux en plastique

Mais aussi:

  • Privilégier l’achat de vêtements en seconde-main.
  • Laver les vêtements neufs avant de les porter.
  • Privilégier les produits cosmétiques avec une liste d’ingrédients la plus courte possible, et en tout cas, certifiés par un label bio et écologique fiable : Nature & Progrès, Ecocert, Cosmébio, Cosmos Organic, ou encore, Natrue.
  • Privilégier les produits d’hygiène et de soin les plus simples possibles: pains de savon, huiles végétales, beurres végétaux, eaux florales.
  • Choisir un  dentifrice certifié par un label bio et écologique fiable.
  • Eviter les produits de maquillage ou les choisir certifiés par un label bio et écologique fiable.
  • Chasser les polluants intérieurs : aérer régulièrement les pièces (en dehors des heures de pointe si l’on habite en ville ou à proximité d’un axe routier), éviter les parfums d’intérieur, utiliser des produits d’entretien aux ingrédients naturels
  • À pied : se promener loin des axes routiers majeurs
  • En vélo : privilégier les itinéraires les moins fréquentés par les voitures. Modérer son effort lorsque la pollution est très forte.
  • En voiture : aérer son véhicule (car les polluants se concentrent dans l’habitacle) mais pas à proximité d’autres sources de pollution, comme par exemple, en zone de trafic dense ou dans les tunnels, et pendant les moments de la journée où le niveau de pollution est le plus élevé. Optimiser et maintenir la filtration/ventilation du véhicule et, dans des conditions de forte pollution de l’air, rouler vitres fermées et maintenir l’air en circulation interne. Eviter les accélérations et les décélérations rapides.

Références:

  1. Jerrold J. Heindel, Sarah Howard, Keren Agay-Shay, Juan P. Arrebola, Karine Audouze, Patrick J. Babin, Robert Barouki, Amita Bansal, Etienne Blanc, Matthew C. Cave, Saurabh Chatterjee, Nicolas Chevalier, Mahua Choudhury, David Collier, Lisa Connolly, Xavier Coumoul, Gabriella Garruti, Michael Gilbertson, Lori A. Hoepner, Alison C. Holloway, George Howell, Christopher D. Kassotis, Mathew K. Kay, Min Ji Kim, Dominique Lagadic-Gossmann, Sophie Langouet, Antoine Legrand, Zhuorui Li, Helene Le Mentec, Lars Lind, P. Monica Lind, Robert H. Lustig, Corinne Martin-Chouly, Vesna Munic Kos, Normand Podechard, Troy A. Roepke, Robert M. Sargis, Anne Starling, Craig R. Tomlinson, Charbel Touma, Jan Vondracek, Frederick vom Saal, Bruce Blumberg, Obesity II: Establishing causal links between chemical exposures and obesity, Biochemical Pharmacology, Volume 199, 2022, 115015, ISSN 0006-2952, https://doi.org/10.1016/j.bcp.2022.115015.
  2. Buckley, J. P., Kim, H., Wong, E., & Rebholz, C. M. (2019). Ultra-processed food consumption and exposure to phthalates and bisphenols in the US National Health and Nutrition Examination Survey, 2013-2014. Environment international131, 105057. https://doi.org/10.1016/j.envint.2019.105057
  3. Hall, K. D., Ayuketah, A., Brychta, R., Cai, H., Cassimatis, T., Chen, K. Y., Chung, S. T., Costa, E., Courville, A., Darcey, V., Fletcher, L. A., Forde, C. G., Gharib, A. M., Guo, J., Howard, R., Joseph, P. V., McGehee, S., Ouwerkerk, R., Raisinger, K., Rozga, I., … Zhou, M. (2019). Ultra-Processed Diets Cause Excess Calorie Intake and Weight Gain: An Inpatient Randomized Controlled Trial of Ad Libitum Food Intake. Cell metabolism30(1), 67–77.e3. https://doi.org/10.1016/j.cmet.2019.05.008
  4. Carrington D., Environmental toxins are worsening obesity pandemic, say scientists, may 2022. Retrieved from https://www.theguardian.com/environment/2022/may/19/environmental-toxins-are-worsening-obesity-pandemic-say-scientists

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s